Pourquoi vous devez putter pour finir le trou…

Puttez pour finir le trou

Pour scorer, vous devez putter pour finir le trou

Je rebondis sur une discussion très intéressante avec une lectrice sur l’article 3 points pour améliorer votre putting au golf.

Son point de vue est le suivant : « Je préfère putter volontairement court lors des putts longs pour ne pas dépasser le trou et me garder un second putt facile ».

Je ne suis bien sûr par d’accord avec cela : vous devez putter pour finir le trou.

Tout d’abord, cela me paraît en dehors de la logique du golf, ensuite c’est incompréhensible pour notre cerveau et enfin c’est statistiquement une erreur.

Le rôle du putting c’est de rentrer la balle

Vous venez de taper entre 1 et 4 trous pour vous mettre sur le green. Il vous reste donc un putt de 4 mètres en descente à effectuer.

Tout ce que vous venez de faire (drive, fer, bois de parcours, approche levée etc.) a eu comme but de vous amener à ce moment précis où vous allez pouvoir terminer le trou et connaître votre score.

La logique du trou est de vous engager de plus en plus : un départ peut être simplement poussé vers le fairway sans incidence, votre coup de fairway sur un par 5 peut se contenter de vous amener sur le fairway sans chercher le green, à moins de 100 mètres, votre attaque de green doit finir sur le green et votre approche roulée (chip) doit vous rapprocher le plus possible du drapeau.

Vous êtes maintenant à 4 mètres du trou et vous savez que si vous rentrez, c’est le par. Voulez-vous vraiment jouer le bogey à ce moment-là ?
Comment concevoir de se mettre de plus en plus la pression au fur et à mesure que le green approche pour arrêter là quand le score vous tend les bras !

Votre cerveau ne comprendra pas

Votre cerveau ne sait pas « ne pas » faire quelque chose. Il ne sait pas « ne pas imaginer une voiture rouge ». Essayez de ne pas imaginer la mer. Vous allez commencer par voir la mer puis changer d’idée ou imaginer le désert ou la montagne.

Mais ne pas faire, votre cerveau ne comprend pas.

Or, en regardant le trou et en vous disant « je ne veux pas y aller » vous créez un état qui doit s’apparenter à de la schizophrénie légère.
De la même façon que votre voiture se déporte à droite quand vous regardez à droite, de la même façon que votre voiture se déporte à gauche si vous regardez la voiture qui vous croise, votre cerveau va indiquer à vos muscles de putter dans le trou.

Mais, vous lui indiquez le contraire.

Cela risque de créer une hésitation et cette hésitation risque de se solder par différentes possibilités :

1- vous retenez votre coup et au lieu de faire 3m80 sur les 4m prévus, vous faites 2m50 et il vous reste un putt d’1m50 terrible à faire

2- vous retenez votre geste qui se termine à gauche donnant à votre balle une trajectoire non contrôlée

3- vous finissez par taper la balle au lieu de la pousser et vous faites 5m50 au lieu de 4m

En sport, le doute est à bannir. Le doute crée les hésitations qui créent les contre-performances et parfois les blessures.

Statistiquement, ça ne fonctionne pas

En effet, si vous avez 15% de chance de rentrer un putt de 4m (c’est la moyenne des amateurs), vous avez une chance non nulle de rater un putt d’un mètre (env. 10%).

Donc si vous jouez votre premier putt pour en jouer un second d’un mètre, vous avez 15% x 90% de chances de rentrer, soit 13,5% de chance de rentrer en 2.

Vous avez moins de chances de rentrer en 2 que de rentrer le premier coup !

En raisonnant en espérance de réussite, voici ce que ça donne :

Cas 1 : vous jouez court donc vous ne rentrez pas la première balle sauf dans 5% des cas (histoire de dire mais c’est moins), dans 85,5% des cas vous rentrez à 90% le second putt et dans les 9,5% des cas restant le 3ième est donné (100% de réussite).
Vous allez donc faire : 5% x 1 + 85,5% x 2 + 9,5% x 3 = 2,045 coups

Cas 2 : vous tentez de rentrer, réussite dans 15% des cas, vous êtes parfois un peu long, parfois non, ce qui vous laisse 80% de chances de rentrer le 2nd coup dans 68% des cas et le 3ième est donné dans 17% des cas.
Vous allez donc faire :  15% x 1 + 68% x 2 + 17% x 3 = 2,02 coups

Mentalement, vous jouerez moitié moins de 3 putts mais votre score n’en sera pas meilleur pour autant car vous vous coupez de la possibilité de rentrer votre 1er putt.

 

Et vous, vous êtes plutôt du genre à tenter le premier ou à assurer le second ?

J’avoue que je cède encore trop souvent à l’envie d’assurer le 2 putts.

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Donnez votre avis sur “Pourquoi vous devez putter pour finir le trou…”

  1. Etienne dit :

    bonjour

    j’irai dans votre sens et même plus loin: chaque putt doit être jouer pour rentrer et pas pour être trop court ou trop long. Le putting est à 80% mental, il faut entrainer son cerveau à avoir confiance dans chacun de ces coups et de leur chance de rentrer quelque soit la distance. Il faut une routine simple et efficace pour éviter toute pensée négative. Un putt raté sera toujours moins difficile à rattraper qu’une balle dans l’eau ou qu’un chip toppé qui termine dans le rough derrière le green :o)
    personnellement:
    – j’observe les pentes sur le dernier tiers du trajet depuis le point bas
    – je vais à ma balle et je visualise la balle rouler jusqu’au trou et tomber dedans
    – je putte, en gardant bien mes yeux au dessus de la balle et en essayant de garder la tete du putter la plus basse possible tout au long du swing

    Le putting représente autour de 40% des coups de golf, c’est la qu’on peut rentrer un birdie ou sauve un par, c’est aussi là qu’on peut faire un trois putts et transformer un par en double. En jouant chaque putt à fond, on augmente les chances de les rentrer en réduisant la pression sur les putts important car ils le deviennent tous. Et en prenant confiance au putting, on rend le jeu beaucoup plus simple en réduisant la pression sur les autres compartiments de son jeu.

  2. Jerome dit :

    Bonjour Etienne,

    Je suis tout à fait d’accord avec vos remarques.

    Concernant la routine, la mienne est un peu différente, mais l’idée est la même.
    Je ferai un article bientôt là-dessus, j’espère que d’autres partageront leurs propres routines !

    @+
    Jérôme

  3. alain dit :

    Bonjour,

    Une phrase du prof de golf à mes débuts et qui me reste en tête à chaque putt : « on a jamais vu un trou aller à la balle », donc un putt trop court n’a aucune chance de rentrer. Oui c’est une Lapalissade 😉
    Pour ma part, je joue le trou, en me donnant l’autorisation de le dépasser d’une 50aines de centimètres. Ma zone de confort.

    Bon golf à tous

    • Jerome dit :

      Tout à fait d’accord avec votre prof, Alain. Ce qui compte, c’est surtout de viser le fond du trou, ce qui revient à peu de choses près à ce que vous dites !

  4. Jean-Marie dit :

    Ma devise au putting
    Never In, Never In
    cela résume tout pour moi

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