De nos jours, les pros de la PGA font appel à des nutritionnistes pour surveiller leur alimentation au golf. Mais est-ce vraiment important pour nous, golfeurs loisir, ou bien est-ce réservé aux pros ?
Vous avez certainement déjà ressenti ça sur un parcours de golf : Tout se passe bien jusqu’au trou 9. Vous êtes dans le rythme, les coups sortent correctement, le score tient la route.
Et puis, vers le trou 12 ou 13, quelque chose change.
Vous n’êtes plus aussi précis. Vos décisions sont moins bonnes. Une forme de légère irritabilité s’installe. Vous ratez des coups que vous auriez réussis deux heures plus tôt.
Ce n’est pas votre swing qui a changé.
C’est votre corps.
Depuis plusieurs années, j’observe les golfeurs loisir et j’essaie de comprendre pourquoi ils ne jouent pas au niveau qu’ils devraient pourtant atteindre. J’ai fini par résumer ça dans une formule simple :

Votre performance réelle sur le parcours (p), c’est votre potentiel (P), ce que vous êtes vraiment capable de faire, moins ce qui vient interférer (i) entre les deux.
Le potentiel, une fois sur le parcours, vous ne pouvez pas le changer. Vous n’allez pas changer votre swing entre le départ du 1 et le départ du 18.
C’est trop tard, vous allez devoir faire avec !
En revanche, les interférences, vous pouvez les réduire.
Il y en a des mentales. Des techniques. Des émotionnelles.
Et il y en a une que presque personne ne mentionne, et qui coûte pourtant des coups à chaque partie : ce que vous mangez — ou ne mangez pas — pendant les 4 heures que dure un parcours. Bref, votre alimentation au golf.
Ce qui se passe avec l’alimentation dans votre corps sur 18 trous
Un parcours de 18 trous, c’est 4 heures de marche, de concentration et d’effort physique certes modéré mais constant.
Votre cerveau consomme du glucose en permanence.
Vos muscles aussi.
Et si vous ne les ravitaillez pas, ils commencent à dysfonctionner.
Pas brutalement. Subtilement.
La concentration baisse : les gestes deviennent moins fluides, les décisions sont moins bonnes.
La Fédération Française de Golf a mené une étude qui le confirme : un golfeur qui ne boit que de l’eau subit une forte chute de sa glycémie dès le 6e trou, et ce jusqu’au 12e.
Autrement dit, si vous ne vous alimentez pas correctement, vous jouez en dessous de votre niveau pendant un tiers du parcours.
Et vous ne le savez même pas.
Voici ce que j’ai appris…
Mes 3 tests d’alimentation au golf
Test n°1 : le classique casse-croûte au trou 9
C’est ce que font la plupart des golfeurs et que j’ai fait pendant longtemps.
C’est le « bon moment ». On attend la mi-parcours, on s’arrête au club-house ou on sort le sandwich du sac, on mange d’un coup, et on repart.
Comme on a commencé le parcours à 9h/9h30, il est plus ou moins midi.
Je me suis longtemps demandé pourquoi j’avais toujours des mauvais scores au trou n°13.
Les trous n°13 sont-ils toujours plus difficiles sur tous les golfs ? Est-ce un genre de malédiction ?
Ce que j’ai observé :
Souvent les trous 1 à 8 se passent correctement, avec les réserves d’énergie du repas du matin.
Parfois, vers le trou 6 ou 7, une légère baisse de concentration et une petite perte de distance mais on ne la remarque pas vraiment. Les décisions deviennent un peu moins bonnes.
Au trou 9, on mange. Et c’est là que le problème commence.
Manger en grande quantité d’un seul coup mobilise une quantité importante d’énergie pour la digestion. Le corps passe en mode « post-prandial ».
Vous connaissez cette petite envie de sieste après un repas copieux ?
Sur un parcours de golf, ça donne une grosse baisse de performance aux trous 11, 12 ou 13 .
L’énergie revient ensuite, entre le trou 13 et le trou 15. Mais vous avez perdu des points sur 3 ou 4 trous en route.
Test n°2 : le même casse-croûte divisé en 3 ou 4 prises
La même quantité de nourriture, mais répartie sur le parcours.
Un premier en-cas aux trous 5-6. Le deuxième aux trous 9-10. Le troisième aux trous 14-15.
Ca pouvait être une poignée de fruits secs ou une demi-banane ou un sandwich coupé en plusieurs morceaux.
L’idée, c’est de répartir toute votre alimentation au golf sur tout le parcours en 3 ou 4 fois.
Ce que j’ai observé :
Mon énergie reste beaucoup plus stable sur l’ensemble du parcours. Pas de coup de barre au trou 7. Pas d’effet post-prandial au trou 13.
Les coups des trous 10 à 14, les plus difficiles à maintenir sur n’importe quelle carte, sont devenus plus réguliers.
Ce n’est pas magique. C’est de la physiologie simple : on maintient une glycémie stable en fractionnant les apports plutôt qu’en les concentrant et on évite de s’alourdir.
Test n°3 : à jeun jusqu’en milieu d’après-midi
Je précise d’emblée : ne faites pas ça sans avis médical. Ce test n’est pas une recommandation. C’est une expérience personnelle que j’ai faite dans un contexte précis, avec un suivi et quand j’avais 40 ans.
J’avais lu des travaux sur le jeûne intermittent et ses effets sur la concentration. J’étais curieux de voir ce que ça donnait sur un parcours.
Je me posais pas mal de question sur la bonne façon de « déjeuner » (au sens propre du terme) sur le parcours : manger, juste un peu, n’allait-il pas me faire avoir un coup de « moins bien » ?
Et un jour, j’ai oublié de manger et je ne m’en suis rendu compte qu’au trou n°14.
J’ai décidé de prolonger et j’ai attendu d’être rentré à la maison avant de manger.
Je n’avais donc rien mangé depuis la veille au soir à 20h et jusqu’à 16h, en rentrant de mon parcours de golf.
Ce que j’ai observé :
Rien.
C’était comme si j’avais réparti mon alimentation en 3 ou 4 fois mais sans manger du tout.
J’ai trouvé que j’avais une bonne concentration et je n’ai pas ressenti de coup de fatigue ou de coup de mou.
Mes scores étaient très bons.
Je l’ai reproduit plusieurs fois même en compétition.
J’avais la quarantaine mais je ne sais pas si je le referais maintenant que j’ai passé les 50.
Dans tous les cas, encore une fois : ne tentez pas cette expérience sans consulter un médecin ou un nutritionniste.
Ce que je vous recommande pour votre alimentation au golf
La stratégie du fractionnement a changé ma façon d’aborder un parcours.
Voici ce que j’ai dans mon sac avant chaque partie :
1- Une gourde ou deux bouteilles d’eau.
Je bois une gorgée entre chaque green et chaque départ, sans attendre la soif. Quand vous avez soif sur le parcours, il est déjà trop tard : votre concentration a déjà commencé à baisser.
2- Une poignée de fruits secs ou un sandwich coupé et emballé en portions. L’objectif est de maintenir la glycémie, pas de faire un repas.
Et le matin ?
Un petit-déjeuner 1h30 à 2h avant le départ. Pas juste un café. Du pain, du beurre, du fromage (attention au sel). Pas de sucre.
Mais, surtout, j’évite de manger ou de boire en grande quantité quand je sens la faim ou la soif s’installer.
C’est le piège le plus courant : on attend d’avoir faim, on mange trop, et on subit l’effet post-prandial sur les trous suivants.
Ce que ça change vraiment
Ces ajustements ne vont pas vous donner le swing de Rory McIlroy.
Mais ils peuvent vous faire éviter de perdre 2 à 5 coups sur le parcours, sans toucher à votre technique.
Parce que dans la formule p = P – i, les défauts d’alimentation et d’hydratation font partie des interférences (i).
Et les interférences, contrairement au swing, se corrigent en 5 minutes de préparation avant de partir jouer.
C’est exactement le type d’interférence que j’aborde dans mon guide « Régularité au Golf : La Méthode Zéro Practice™« .
Si vous voulez découvrir les 5 autres faux amis qui ruinent votre score sans que vous le sachiez, c’est par ici :

